Dans cette affaire de taxe carbone, Nicolas Sarkozy et les membres du gouvernement ont dit tout et son contraire. Qu’on l’appelle taxe carbone ou contribution climat-énergie, il s’agit d’une nouvelle taxe, ni plus ni moins.
Que l’on étudie la mise en place d’une fiscalité à caractère écologique, soit ! Mais le bricolage auquel nous assistons en ce moment, non !
Que savons-nous de cette taxe ? Qu’elle ne s’appliquera pas seulement aux carburants, mais aussi au gaz et au fioul ;
En Alsace, région au climat continental, un ménage dépense trois fois plus en chauffage qu’une famille habitant Nice ou Marseille. Si l’on taxe le gaz et le fioul de la même manière partout en France, les Alsaciens vont être lésés. Comment Sarkozy et Fillon envisagent-ils de traiter cette question ?
Qui peut croire un seul instant que ce prélèvement sera intégralement restitué aux contribuables, comme l’affirme le gouvernement ? A-t-on jamais vu, en France, l’État rendre l’impôt qu’il a perçu ? Seul un militant UMP fanatique - et un peu benêt - peut croire à une telle fable.
Le chèque vert
Rappelez-vous : il y a peu de temps, on nous disait que la taxe carbone serait rendue aux Français sous forme de "chèque vert". Aujourd’hui, Sarkozy parle de compensation par une réduction d’impôt. Et la raison en est très simple : il serait trop facile de vérifier si la compensation a été intégralement faite. Il suffirait de totaliser les "chèques verts". Mais en promettant de compenser la taxe carbone par une réduction d’impôt et de charges salariales, Sarkozy rend le remboursement invérifiable.
Les ministres et responsables UMP tentent de nous faire croire que cette taxe carbone va changer les comportements des Français et entraîner la diminution des gaz à effet de serre. Sottise ! Qui peut y croire ? Personne... sauf peut-être notre militant UMP fanatique et un peu benêt.
Taxes, taxes et taxes
Considérons l’essence sans plomb 95. Quelle est la part des taxes dans le prix de l’eurosuper E95 ? Petit rappel : le litre de carburant vaut environ 0,50 € lorsqu’il arrive en camion-citerne à votre station-service. Sur ce premier prix hors taxes, s’applique d’abord une TVA de 19,6 %, soit environ 10 centimes. Puis la fameuse TIPP, Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers s’applique et fait doubler le prix avec un prélèvement de 100 % : 60 centimes d’un coup ! Vient ensuite s’ajouter la TVA (toujours à 19,6 %) sur cette TIPP, soit un montant de 12 centimes. (Eh oui ! Ce n’est pas une blague, on applique une taxe à la taxe !) Lorsque vous faites l’addition, le total des taxes d’élève à 80 centimes qui s’ajoute aux 50 centimes facturés par le pétrolier. L’addition est simple avec un total de 1,30 € lorsque vous décrochez le pistolet de la pompe.
Si les Français continuent d’utiliser leur voiture malgré cette taxation exorbitante de 80 centimes par litre, c’est par nécessité, pas par plaisir d’émettre des gaz à effet de serre. En ajoutant 5 centimes de taxe carbone aux 80 centimes de taxes existantes, le gouvernement veut faire croire que les Français utiliseraient moins la voiture ? C’est une plaisanterie. À ce stade du raisonnement, même notre militant UMP fanatique et un peu benêt commence à avoir des doutes.
En tout cas,ce que les Français doivent savoir, c’est que Sarkozy a besoin de 8 milliards ; c’est ce que va coûter la réforme de la taxe professionnelle. C’est donc dans le budget de l’État qu’ira se perdre la taxe carbone.