Jamais une campagne électorale, tous scrutins confondus, n’aura été aussi terne que celle des européennes de 2009. Il faut bien dire que les dirigeants de l’UMP et du PS ont rivalisé d’imagination pour détourner l’intérêt des Français de cette élection du 7 juin. Avez-vous écouté leurs discours, lu leurs proclamations ? Rien de grand, rien d’exaltant, rien de visionnaire. La campagne au niveau national est atone, en Alsace elle est inexistante.
Le chantier de la construction européenne est en panne. Pourtant les Alsaciens, qui vivent l’Europe au quotidien, sont conscients de la nécessité d’une Europe plus unifiée, plus puissante, plus solidaire. Ils l’ont largement prouvé lors du référendum sur le Traité de Maastricht et lors du référendum sur le Traité constitutionnel en donnant à chaque fois au OUI son meilleur score en France. Mais les parlementaires UMP et PS de notre région ont tort de croire que les Alsaciens partagent leur vision d’une Europe marchande, sans âme et sans frontières. À l’occasion des rencontres organisées par notre mouvement, combien de fois avons-nous pu mesurer chez les Alsaciens le désir d’une Europe européenne, sans la Turquie, d’une Union aux frontières maîtrisées, sans concession avec les flux migratoires venus d’autres continents, d’une Europe indépendante dégagée de la tutelle américaine !
Combien de fois aussi avons-nous entendu les Alsaciens dire et redire avec force leur désir d’une région plus respectée par l’État et plus autonome vis-à-vis d’une administration tâtillonne qui ne connaît toujours pas nos spécificités.
En 2009, quelque chose de nouveau est en train d’émerger : dans les années à venir, les Alsaciens vont suivre avec plus d’intérêt les votes et les choix de ceux à qui ils vont donner mandat, et leur demanderont des comptes. Le mouvement régionaliste Alsace d’Abord les y aidera.