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L’Irlande, l’Europe et l’Alsace


(JPEG) Chaque fois que les peuples européens sont consultés sur l’Europe, ils disent non. Ainsi les Irlandais ont répondu non en 2008 comme les Français et les Néerlandais l’avaient fait il y a trois ans.

En réalité, les Irlandais n’ont pas répondu à la question qui leur a été posée. Leur Non était adressé à leur gouvernement, pour des considérations de politique intérieure. Les Irlandais ne reconnaissent plus leur pays. La formidable croissance économique de ce pays au cours des vingt dernières années s’est certes ralentie, mais elle reste encore bien supérieure à la moyenne européenne.

L’Irlande craint la perte de son identité

Non, ce qui inquiète les Irlandais, c’est la métamorphose de leur société, c’est l’augmentation rapide de l’immigration, issue pour partie des pays de l’Est mais aussi du continent africain. Et les invraisemblables maladresses des responsables politiques français pendant la campagne du référendum n’ont rien arrangé. Bernard Kouchner, donneur de leçons professionnel au souffle court, et Jean-Pierre Jouyet, ministre français des affaires européennes surtout connu pour son activisme en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, auraient mieux fait de s’abstenir de se mêler de la campagne électorale en Irlande.

L’Europe sait-elle qui elle est ?

(JPEG) Les peuples européens continueront de voter Non tant que... leurs dirigeants n’auront pas apporté de réponses claires à deux questions fondamentales :
-  quelles frontières pour l’Europe ?
-  quel projet pour l’Europe ?

À quoi bon, en effet, discuter des institutions de l’Union européenne avant d’en avoir défini les frontières ? C’est absurde... ou mensonger !

Plutôt pas d’Europe que la Turquie dans l’Europe

Les Européens pensent que l’on se moque d’eux quand à Bruxelles se poursuivent les négociations d’adhésion avec la Turquie. En France, tout se passe comme si Nicolas Sarkozy voulait imposer de force l’entrée de la Turquie dans l’UE : les mêmes parlementaires UMP qui avaient introduit dans la Constitution en 2005 le référendum obligatoire pour ratifier toute nouvelle adhésion, s’apprêtent en cet été 2008 à remodifier la Constitution sur ce point, en sens inverse, à la demande du président de la République.

Bricolage constitutionnel

(JPEG) Ce bricolage constitutionnel, à trois ans d’intervalle, renforce le sentiment des Français d’être dupés. Une poignée de députés UMP, une quarantaine, ont bien tenté de maintenir le référendum obligatoire pour la Turquie. Mais ils finiront par reculer, car ils sont formatés pour cela.

Nicolas Sarkozy, président au double langage

Nicolas Sarkozy est largement responsable de la défiance grandissante d’une partie des Français vis-à-vis de l’Europe. Il fait de l’Europe le bouc émissaire de ses propres échecs et de ses promesses non tenues : sa promesse de baisser la TVA à 4 % pour les restaurateurs ? C’est l’Europe qui ne veut pas ! Son annonce faite aux marins-pêcheurs en difficulté d’augmenter les quotas de pêche ? C’est encore l’Europe qui ne veut pas ! Son idée soi-disant géniale de compenser l’augmentation du prix du pétrole par une baisse de la TVA ? C’est toujours l’Europe qui ne veut pas ! Dès lors, comment s’étonner qu’une partie des Français devienne euro-sceptique ?

Que vont faire les parlementaires alsaciens ?

La plupart des commentateurs prétendent qu’il y a un divorce entre les peuples et les élites européennes. Nous pensons au contraire que les Français, et plus encore les Alsaciens, restent attachés au projet européen. Ce qu’ils rejettent, c’est le double langage de leurs dirigeants. Les Alsaciens seront particulièrement attentifs au vote de leurs propres sénateurs et députés lors du prochain congrès de Versailles. Affaire à suivre.






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