Les gazettes nous apprennent que le 10 juin 2007 le Premier Ministre a inauguré officiellement la ligne Paris-Strasbourg du TGV en prenant l’avion jusqu’à Nancy où le TGV a dû - longuement - s’arrêter pour attendre son embarquement discret. Retenons de ces péripéties qu’elles n’étaient, sans doute, qu’une façon de souligner que l’avion est moins cher que le TGV Est.
Mais les gazettes ne nous disent pas si M. Grossmann, président de la Communauté urbaine de Strasbourg, a pu montrer au voyageur multimodal la place de la gare dont, affirme-t-il, « Toute l’Europe parlera » ( sic). L’aménagement actuel de la place, en effet, avec arbres et gazon, ne fait que reprendre celui de la place qui s’étendait, à la fin du 19 ème siècle, devant la toute nouvelle gare du « Reichsland ». Pour accueillir M. Fillon il manquait à la casquette du Préfet quelques plumes du chapeau du Statthalter...
Et les gazettes ne nous disent pas non plus les réponses qu’a pu recevoir François Fillon à quelques questions, si tant est qu’elles aient été posées. Parmi celles-ci :
- Strasbourg a-t’elle crée, comme Lille ou Lyon, de véritables pôles tertiaires autour de sa gare ?
La réponse est non. Elle s’est contentée de l’entourer d’une « bulle » en verre, du reste encore trouée le jour de l’inauguration. Les terrains disponibles autour de la gare sont restés en l’état, quelques aménagements n’étant prévus que sur des sites lointains, au port du Rhin.
- Les collectivités alsaciennes, ont-elles ainsi bien pris en compte toutes les potentialités de développement qu’apporte le TGV ?
La réponse est encore non. Elles ne paraissent miser que sur le tourisme. L’arrivée du TGV n’a suscité que des offres du style « Vélo et découverte » ou « Golf et nature ». Certainement le vélo et le golf dont toute l’Europe parlera...
- M. Zeller, président du conseil régional depuis 1996, qui n’a cessé de parader , regrette t-il de voir les Alsaciens payer deux fois le TGV ? une fois en tant que contribuables, parce qu’il l’a accepté et fait voter par ses amis politiques, une fois en tant que clients, parce qu’ on ne l’a guère entendu protester, tout comme l’ensemble de la classe politique alsacienne, - et à la différence des élus lorrains - contre des tarifs en hausse de plus de 30 à plus de 70 %. ? Et aucune possibilité de choisir un Corail : entre Strasbourg et Paris c’est « tout TGV » .
La réponse est toujours non. M. Zeller se vante de s’être battu pour le TGV ! Il a plutôt été battu et a laissé battre les Alsaciens...
Oui, vraiment une belle inauguration. Comment peut-on dès le départ gâcher tant d’espoirs ?