Le 9 janvier 2007, l’eurodéputé alsacien Joseph Daul, membre de l’UMP, a été élu de justesse président du groupe du PPE au parlement européen (Parti populaire européen). Nous devrions nous réjouir qu’un Alsacien accède à un poste d’influence. Mais en vérité, nous le déplorons, car l’influence de Joseph Daul sera néfaste ; elle sera néfaste en tout cas sur l’importante question de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Cet ex-chiraquien, devenu sarkozyste tout récemment, a dit tout et son contraire sur ce sujet. Tout dépend de l’interlocuteur et du moment.
Le mercredi 10 janvier, lors de sa conférence de presse suivant son élection à la tête du groupe PPE, Joseph Daul s’est livré à un numéro de contorsionniste qui ne laisse rien présager de bon pour l’avenir.
Il s’est déclaré « contre, à titre personnel, pour le moment... » . M. Daul a dit aussi « Je suis pour un accord privilégié très poussé avec la Turquie » , tout en admettant que le processus de négociations avec Ankara puisse aboutir à « une intégration européenne après-demain, pourquoi pas ».
Cette pusillanimité et cette versatilité ne sont pas dignes de la fonction qui vient de lui être confiée. Quand on sait que la majorité des députés du PPE est contre l’adhésion de la Turquie, on imagine aisément les difficultés que va rencontrer M. Daul dans l’exercice de sa présidence. Dur, dur pour l’image de l’Alsace.