"Se canto, que canto" est l’hymne du Béarn.
L’origine de ce chant populaire se perd dans les temps anciens. La date de naissance de son texte est mieux identifiée. Il a été écrit par Gaston III de Foix au 14è siècle. Le comte Gaston de Foix dit Phoebus (soleil) doit son surnom à sa chevelure blonde. Ce seigneur coléreux, guerrier, passionné de chasse... et de femmes, a hésité à prendre parti entre le roi de France et l’Angleterre pendant la guerre de Cent ans ; il est parti combattre en Prusse dans les rangs des chevaliers Teutoniques. À son retour, et pour se faire pardonner ses nombreuses infidélités, il écrivit ce chant destiné à son épouse retirée dans sa famille en Espagne.
Chant de ralliement d’un peuple très attaché à son identité, ce chant béarnais est toujours resté d’une grande actualité. Il est parfois répertorié sous le titre "Aqueros mountagnos". Marcel Amont l’avait enregistré en 1963 (collector chez Polydor). En 1978, un feuilleton TV à grand succès avait retracé la vie de Gaston Phoebus, interprété par Jean-claude Drouot.
Cette chanson populaire est aujourd’hui très souvent entonnée par les scouts et les chorales de jeunes. Mais pas seulement par les scouts ! Le 3 juin 2003, le député UDF Jean Lassalle avait provoqué la stupéfaction à l’Assemblée nationale en entonnant tout seul l’hymne béarnais. L’élu de la vallée d’Aspe entendait ainsi attirer l’attention sur le refus de Nicolas Sarkozy d’installer les 23 gendarmes promis pour la sécurité du tunnel franco-espagnol du Somport. L’audace de M. Lassalle mérite d’être saluée. Parmi les députés alsaciens, il ne s’en trouverait pas un seul pour défendre les intérêts des Alsaciens, surtout de cette manière.
L’une des plus belles versions de « Se Canto, que canto » est celle qu’avait enregistrée André Dassary, avec chœur et orchestre.
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