Dans l’édition de 24 octobre 2005 du Monde, Nicolas Sarkozy a révélé qu’il est favorable au vote des étrangers non européens aux élections locales. Cette annonce a suffi pour mettre toute la classe politique en émoi, de l’extrême gauche à l’extrême droite, des plus cyniques aux vrais crédules. De la part des naïfs, on peut s’attendre à tout. Mais que les cyniques soient surpris, voilà qui est vraiment étonnant !
Car que pouvait-on attendre d’autre de Nicolas Sarkozy ?
Voilà un homme qui s’est toujours proclamé favorable à la « discrimination positive », euphémisme qui désigne la préférence à accorder aux immigrés.
Voilà un homme qui a crée le CFCM - Conseil Français du Culte Musulman - organe à travers lequel les pouvoirs publics ont donné pouvoir, finances et notoriété aux fondamentalistes de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France).
Voilà un homme qui a fait voter le 26 novembre 2003 une loi pour qu’on ne puisse plus renvoyer dans leur pays d’origine les immigrés délinquants condamnés par les tribunaux.
Voilà un homme qui refuse de remettre en cause le regroupement familial, machine infernale que Jacques Chirac a imposée par son fameux décret du 29 avril 1976, système si pernicieux que Malek Boutih, secrétaire national du PS, proposait récemment de le réformer.
Voilà un homme qui veut modifier la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État pour donner à l’islam en France une place plus importante qu’il n’a déjà.
Voilà un homme qui prétend être hostile à l’adhésion de la Turquie dans l’Union européenne, mais qui n’a pas voulu mobiliser les députés UMP dont il est président, pour s’opposer aux négociations d’adhésion commencées au sommet européen du 3 octobre 2005.
Nicolas Sarkozy veut faire voter les immigrés aux élections locales aujourd’hui ; il les fera voter aux élections nationales demain. Pour tout observateur attentif de ses prises de position, le parcours politique du ministre de l’Intérieur est d’une grande cohérence. Les journalistes de Libération ont tort de ne voir en lui qu’un godilleur agité.
Ce personnage prend des postures, mais il est lui-même une imposture, tant il trompe les gens, en particuliers les électeurs de l’UMP. Voici une question que ces derniers devraient se poser : qui peut pronostiquer l’issue d’un référendum sur la Turquie promis par Chirac pour dans quinze ans, lorsque les immigrés seront deux fois plus nombreux qu’aujourd’hui et qu’ils auront le droit de vote ?
Le vote des immigrés ? Les socialistes en ont rêvé, Sarkozy le fera.