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Südtirol-Alsace, histoires croisées
Bernard Wittmann
-  Éditions Nord Alsace




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Le chômage en Alsace augmente plus vite qu’ailleurs en France


(GIF)
(JPEG)

La situation économique en Alsace est mauvaise : des seuils alarmants sont désormais franchis.

Les responsables UMP et PS d’Alsace se trompent, ou nous trompent, sur les vrais sujets de préoccupation des Alsaciens. Adrien Zeller, président UMP du conseil régional d’Alsace, peut trouver utile de participer à des émissions de France Culture pour distribuer des leçons de tolérance ; il peut aussi trouver efficace d’instituer un mois « de l’autre » pour apprendre aux Alsaciens qu’il faut aimer son prochain.

Précarité de l’emploi

En réalité, les préoccupations des gens que nous rencontrons sur nos lieux de travail et dans les quartiers, sont bien différentes. Ils nous parlent, eux, de licenciement, de délocalisation, de difficultés financières, de pression croissante à l’usine ou au bureau, de dégradation des conditions de travail, de précarité professionnelle, d’insécurité de l’emploi, etc...

Augmentation galopante du chômage

Rappelons aux parlementaires alsaciens les dures réalités : l’explosion du taux de chômage dans notre région, qui atteint aujourd’hui à 8,5%, se rapprochant ainsi dangereusement du taux national de 10,1%. 65 610 demandeurs d’emploi ont été enregistrés en Alsace en 2004, soit +12% en seulement un an. Ce chiffre ne tient compte que des chômeurs dits de catégorie 1 (à la recherche d’un emploi à durée indéterminée et immédiatement disponible). En données brutes, le nombre de chômeurs grimpe à 70 219, un chiffre voisin de celui des chômeurs indemnisés en janvier par l’Assedic Alsace. En ajoutant à ce dernier chiffre les 22.079 RMistes (+12,1% sur un an), le nombre des sans-emplois s’élève à 92 000. Sans les emplois transfrontaliers, nous détiendrions le triste record national du chômage.

En Alsace, plus vite qu’ailleurs

Mais l’Alsace détientun autre record : celui du taux d’augmentation du chômage le plus élevé de France. C’est ici que le chômage augmente le plus vite. En 1998 déjà, pendant la campagne des avant-dernières élections régionales, les candidats d’Alsace d’Abord avaient alerté les électeurs sur ce phénomène nouveau. M. Zeller et tous les responsables RPR et PS de l’époque occultaient cette réalité, se contentant de répéter que la situation était bonne en Alsace. Ancune anticipation. Et maintenant nous voici confrontés à des chiffres effrayants :

-  le chômage des jeunes est en pleine explosion avec une augmentation de +11% (contre seulement +5,6% au niveau national).
-  4 352 postes de travail ont été détruits dans l’industrie l’an dernier. Le tissu industriel Alsacien s’étiole à grande vitesse et rien ne semble avoir été prévu pour remplacer ces emplois perdus.
-  idem pour celui des plus de 50 ans, en nette progression de +5% alors qu’il baisse au niveau national de -2%. L’évolution est particulièrement préoccupante dans le Haut-Rhin, où le nombre de demandeurs d’emploi a fait un bond de 17,6 % en un an.
-  en janvier 2005, sur les quelque 70 000 travailleurs frontaliers recensés en Alsace, 5 026 étaient indemnisés par l’Assedic dont 2 667 ont perdu leur emploi en Allemagne (-0,9 % sur un an) et 2 359 en Suisse (+11,3% sur un an).

(JPEG) Augmentation des faillites

On pourrait également s’étendre longuement sur les offres d’emploi qui ont chuté de 0,3% sur un an, alors que paradoxalement au niveau national elles augmentaient de +3,2. L’Alsace détient également un autre record, celui des 1 215 défaillances d’entreprise enregistrées en 2003. Ce qui représente une augmentation vertigineuse de + 20% de dépôts de bilan. Ce n’est pas fini, car lorsque l’on analyse la répartition de ces défaillances d’entreprise on constate que tous les secteurs sont touchés : le commerce, le BTP, les services aux entreprises, les cafés-restaurants et sans oublier bien sûr l’industrie.

Ce décompte est déprimant, mais il est nécessaire. La dégradation de l’économie alsacienne prend des proportions alarmantes. En somme, si la situation économique de la France est grave, celle de l’Alsace l’est deux fois plus.

Ce n’est pas la classe politique aux affaires en Alsace actuellement qui sera en mesure de changer la situation. Ces responsables ont tous les pouvoirs dans notre région depuis plusieurs dizaines d’années. Ils n’ont pas vu venir les choses. En tout cas, ils n’ont rien fait pour anticiper la mutation industrielle et les effets de l’ouverture de nos marchés. Ils n’ont surtout pas cherché à se donner les moyens d’agir : exiger de Paris un réel transfert de compétences, avec les moyens financiers correspondants.






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